La Côte Basque bétonnée

J’emprunte à l’éditeur cet avant-propos : « Francis Sallaberry a effectué un extraordinaire travail de recherches auprès de sources tant alliées qu’allemandes, retrouvant le nom des chefs de la Wermacht, les lieux de stationnement, la durée de leur séjour, etc. » (1). Oui, ce livre est le récit, puissamment documenté et illustré de photos d’époque, d’une incroyable opération de bétonnage entre Hendaye et Capbreton. Pourtant, ce « Mur de l’Atlantique », appellation un peu pompeuse de la propagande allemande, n’a pas empêché les Alliés de débarquer en Normandie, le 6 juin 1944. Bien sûr, quelques ports furent solidement défendus : Bordeaux, Saint-Nazaire, Lorient, Brest, Cherbourg, mais les millions de m3 déversés sur la Côte basque n’étaient, en réalité, qu’un faible rideau. Pour le Führer et l’état-major allemand, l’hypothèse d’un débarquement des Alliés dans la péninsule ibérique ou sur le littoral du golfe de Gascogne, ne sera jamais écarté. Avec raison, car Churchill se remémorait la brillante campagne de Wellington, en 1814, et voulait l’imposer à Roosevelt qui, lui, préférait nos côtes méditerranéennes. Après la convention d’armistice, les troupes allemandes occupent la Côte basque, le 27 juin 1940. Elles installent des canons français pour défendre les ports de Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Socoa. Le 23 octobre, l’entrevue d’Hitler avec Franco déçoit le Führer. Il lui faudra aussi bétonner vers l’Espagne. Tous les travaux de l’organisation de l’ingénieur Fritz Todt sont disséqués (13 M/m3 de béton, 12000 casemates, 7000 plates-formes) dans le contexte d’occupation allemande, de l’été 1940 à l’été 1944. Les fabrications de l’atelier Louis Bréguet (les prototypes français sont cachés), les activités de l’aérodrome de Parme-Biarritz, de la Heer (armée de Terre), Luftwaffe et Kriegsmarine sont passées au crible. Une erreur de visée dramatique : le bombardement meurtrier américain (131 morts) sur la base de Parme, Biarritz et Anglet, le 27 mars 1944. À titre posthume, je félicite l’auteur pour ce récit passionnant sur les bunkers de l’Atlantikwall.

1 – «Quand Hitler bétonnait la Côte Basque» – Francis Sallaberry – Éditions Atlantica – mars 2015 – 23 € TTC.

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