55 – Us et coutumes dans les H.P – Chandeleur et Carême

La cire nécessaire aux besoins du ménage et aux pratiques religieuses de la famille, était cultivée d’après les méthodes « les plus barbares » souligne Norbert Rosapelly qui vivait dans une ferme modèle ayant remporté plusieurs distinctions agricoles. À l’approche de la Chandeleur, les fileurs de cire voyaient affluer dans leur atelier « d’une simplicité primitive » de nombreux clients apportant de la cire brute qu’ils remportaient filée, enroulée en tortils. Les processions où l’on portait des chandelles ardentes se substituèrent aux lustrations des païens. L’Église distribuait des cierges aux prêtres, aux habitués et aux notables. Chômée autrefois dans les campagnes, la Chandeleur était l’occasion de repas plantureux. Le folkloriste rappelle que faire des crêpes le jour de la Chandeleur « argente » le reste de l’année; c’est-à-dire porte bonheur à la famille mais il ne faut en offrir à personne. De plus, la première crêpe cuite doit être jetée sur l’armoire de la cuisine. Si le maître le dit… À ces jours de fêtes et rudes réjouissances succédait un Carême d’une rigueur extrême et d’une austérité primitive. On achetait spécialement les ustensiles de cuisine. Même des priseurs, par esprit de mortification, déposaient leur tabatière qu’ils ne reprenaient qu’à Pâques. À Vic-en-Bigorre, « on résolut de demander la permission de manger des œufs pendant le carême, le 9 février, attendu que la guerre empêchait qu’on n’eût de sardines, qu’il n’y avoit même que de la morue gatée et fort chère ». Cet événement se passe pendant la guerre que fit Louis XIV contre la ligue d’Augsbourg, de 1689 au 1er juillet 1690, victoire à Fleurus. Le 16 mai 1794, le Représentant en mission, Monestier du Puy de Dôme, prescrivit par ordonnance aux Bigourdans un carême civique. Commencée ainsi : « Hommes des Pyrénées, la garbure et la cuisse d’oie sont pour vous des mets délicats. Déjà les fèves et les pois, les choux et les oignons, les racines et les menues herbes vous offrent une subsistance abondante, agréable et salubre… » avant de demander le renoncement à se nourrir de bœuf, de veau, de moutons et d’agneaux pour nourrir l’armée ! À suivre…

 

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