32 – Us et coutumes dans les H.P – Politesse et jeux

Norbert Rosapelly rappelle quelques pratiques surannées de politesse. Il était salué par de très vieilles femmes qui, tenant des deux mains les côtés du tablier, faisaient une flexion des genoux accompagnée de ces mots : Serbento mestre ! Votre servante maître ! Adichatz, mounde, était la salutation adressée à un groupe ou à plusieurs personnes. On se séparait par les mots : A las prumèros ou Birap-é dé màu. Les paysans faisaient toujours précéder les noms de certains animaux, notamment du porc, de la formule : En parlan per respec. S’ils nommaient l’animal ou l’objet sans cette précaution oratoire, ils atténuaient le choquant que leur paraît avoir ce terme par les mots : atau s’apèro (ainsi s’appelle-t-il) ou bien las paràulos ne pudén pas. Par politesse, le campagnard que l’on vient de saluer et qui entre avec quelqu’un dans un logis, salue de nouveau en pénétrant dans l’appartement où il reçoit, ou dans lequel il est reçu, ajoutant, après le nom de la personne saluée : et à la compagnie. Interrogés sur la signification de ces mots : et à la compagnie, des vieillards, maintes fois, ont dit saluer ainsi l’ange gardien de la maison, les « dieux lares ». À la campagne, vous commettriez un affront si vous n’acceptiez pas l’invitation à boire et aussi à manger. En choquant les verres, l’hôte porte la main à sa coiffure et ne manque jamais, le verre vidé d’un trait, de le renverser, le secouant avant de le replacer sur la table. Dans ces quelques gouttes de vin jetées à terre, on retrouve un geste de libation antique. Les jeux à présent. Les garçonnets, réunis pendant la garde du bétail, jouaient à la palheto et récitaient, à tour de rôle, la formulette suivante : Pourguim, pourguam, Cinq sos ne dam, De la berdo, de la séco, Tiro la palheto. Les fillettes jouaient à las peyrettes, aux petites pierres, jeu d’osselets avec cinq petits cailloux. Garçonnets et fillettes s’adonnaient à la planchette et les adolescents à la gourro et à la crabe. Enfin, le broco-cu (broche en cul), hilarant parait-il, était surtout pratiqué par les jeunes hommes, le plus souvent, le soir, à la veillée. À suivre…

 

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