15 – 1789 : Les événements se bousculent

Malgré le discours protestataire  du maire Dominique Lalanne, du 26 décembre 1788, et des doléances écrites du 27 mars 1789, en l’église Saint-Martin, les 4 députés bourgeois Carrère, Dupont, Fourcade et Lalanne auraient emporté des regrets vers le chef-lieu bigourdan s’ils avaient eu la prescience des événements à venir. En 1789, il faut se débarrasser de tous les clichés de nos livres d’histoire. À Vic-en-Bigorre, les impôts sont très légers comparativement aux voisins d’Ugnouas qui en payent trois fois plus ! Les nobles ou les ecclésiastiques aisés se vantent d’en payer beaucoup. La réalité est toute autre : l’ouvrier paye 1 livre ou 2 journées de travail, les veuves 10 sols, et, beaucoup, pas du tout. Les corvées ont été remplacées par un impôt assis sur les terres, donc payées par les riches. C’est pratiquement un système « démocratique » qui prévaut. Bien sûr, il y a les 80 possédants qui accaparent 90% des terres mais ils emploient 500 domestiques. Mme de Journet ne fait-elle pas travailler chez elle 14 employés ! Les terres sont cultivées par 1500 brassiers, presque tous célibataires. Ils gagnent 10 sous par jour de travail – prix de 5 livres de pain – et forment une compagnie de déracinés sans traditions, sans organisation, sans religion. Parmi les 400 participants à la séance d’écriture du cahier des doléances, 88 artisans, marchands et petits bourgeois savent écrire et signent. Les ouvriers ne savent pas et ne signent pas. Les nobles ne  sont pas venus. Tout le monde a en tête la récolte de 1788 qui a été mauvaise. Le blé est devenu rare, les prix montent. Le 14 juin 1789, le blé est absent sous la Marcadale. Les pauvres appellent au secours. Les nouvelles de la journée du 14 juillet 1789, à Paris, seront connues au début d’août. L’angoisse monte. En janvier 1790, Vic-en-Bigorre devient le chef-lieu du district de Rivière-Basse. Élections municipales au suffrage universel du 26 janvier au 4 février, on se réunit dans l’église Saint-Martin par un froid sibérien. Il faut procéder à 8 tours de scrutin. On élit des laboureurs, des épiciers, un tonnelier et des nobles. La constitution civile du Clergé sera l’affaire de l’année 1791. À suivre…

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